Chercheur et créateur, LYDIA PALAIS, invente des œuvres multisensorielles, où la lumière est le vecteur. Qu’il s’agisse d’installations, de performances, de sculptures, de photographies ou de vidéos, elle utilise la lumière et ses artefacts pour accompagner le spectateur dans un état onirique. Jouant avec l’espace, elle le redimensionne à la manière d’un cinéaste et s’attache à déstabiliser la perception humaine au travers d’œuvres multimédias.

LYDIA PALAIS est initiée en 1990 au métier de sculpteur/décorateur à l’atelier COUP D’ŒIL, spécialisé dans la réalisation d’objets surdimensionnés pour l’évènementiel et le cinéma. Dans ces mêmes années 1990, elle travaille sur la conception et la réalisation de sculptures et d’installations lumineuses dans l’univers du luxe. Elle réalise notamment un lustre de 25 mètres de haut qui habillera la façade extérieure de la boutique CHRISTIAN DIOR pendant 4 années consécutives pour les fêtes de Noël. En 1999, CHRISTIAN LACROIX lui demandera de participer à la création d’une robe lumineuse haute-couture, maillage de fibre optiques et de tissus, pour la Fondation Sigmund Freud à New-York.

En 1996, elle décide de mettre en pratique l’ensemble de ses connaissances et expériences accumulées et de se consacrer à son travail d’artiste, tout en poursuivant ses recherches sur la lumière. Ses œuvres visent alors à faire ressentir ainsi qu’ à déstabiliser la perception humaine. L’utilisation qu’elle fait de la lumière dans une création s’attache moins à sa manifestation physique qu’à ce qu’elle engendre comme émotions, sentiments ou encore réflexions. Dès lors, elle nous donne à regarder l’Invisible, avec des œuvres se déclinant sous forme de vidéo lumière des aberrations chromatiques, de représentation des phosphènes, etc… telles que Wonder Light, Esthétique de l’absorption ou de phantasmes (du grec "apparition", "rendre visible l’invisible"). La lumière n’a plus pour seule fonction d’éclairer, elle " guide, apaise, stimule et manipule aussi. Elle devient un moyen existentiel, capable d’influer sur l’esprit, de réguler les humeurs selon une approche thérapeutique, au même titre que la musique, qui apaise ou transporte" (L. Palais cf Le Monde decembre 2001).

Artiste impliquée, à partir de 2005 elle s’engage humainement en république d’Haïti et participe à l’ouverture d’un foyer pour les enfants des rues à Jacmel, la deuxième ville du pays.
Elle y découvre toute à la fois une société passionnante mais dure et la culture Vodou, qui inspirera en 2008 l’installation Le Continent noir n’est pas noir, où elle fait le lien entre colonialisme et société patriarcale, dans les jardins de l’Institut français de Port aux Princes à Haîti.
C’est aussi ces rencontres avec des spiritualités, et donc des mondes invisibles non occidentaux, qui ne cesseront dès lors de traverser son œuvre.